Comment soulager le syndrome rotulien à la course à pied ?

Nous allons parler ici plus particulièrement du syndrome rotulien ou syndrome fémoro-patellaire, avec des douleurs de genou présentes pendant ou après la course à pied. C’est un motif de consultation fréquent chez un médecin du sport ou un ostéopathe du sport.

 

Peut-on diminuer les douleurs fémoro-patellaires en augmentant la cadence de course à pied ? C’est le sujet d’une étude de Tom Goom, publiée dans le magazine scientifique médical américain « The American Journal of Sports Medicine« , journal scientifique de référence qui publie des études sur le sport et la médecine.

 

Les douleurs fémoro-patellaires, le syndrome rotulien, c’est quoi ?

Pour bien comprendre, il faut d’abord expliquer ce que sont les douleurs fémoro-patellaires. En effet, les douleurs de genou sont multiples. Elles ne sont pas que fémoro-patellaires. Elles peuvent être musculo-tendineuses (tendinite rotulienne, de la patte d’oie, syndrôme de l’essuie-glace …) ou ostéo-articulaires (entorses, fractures, arthrose…).

D’un point de vue anatomique, l’articulation du genou se compose de 3 articulations :
– entre le fémur et le tibia (articulation fémoro-tibiale),
– entre le péroné et le tibia (articulation tibio-fibulaire supérieure),
– entre la rotule et le fémur (articulation fémoro-patellaire).

anatomie du genou douleur course

Les douleurs fémoro-patellaires sont celles liées à l’articulation entre la rotule et le fémur.

Elles interviennent lorsque les contraintes de compression sur cette articulation sont importantes, ou plutôt supérieures à ce qu’elles sont capables de supporter ; on parle alors de syndrome fémoro-patellaire.

 

Quels sont les symptômes du syndrome fémoro-patellaire ? 

La douleur est souvent décrite en avant du genou, su rla partie antérieure, souvent en cercle autour de la rotule.

douleurs du syndrome rotulien course pied

Elle intervient en flexion du genou prolongée, en étant accroupi, ou en position assise dans un fauteuil bas (au cinéma par exemple), à la montée et surtout à la descente des escaliers.
Pendant la course à pied, la douleur apparaît au bout de quelques dizaines de minutes (plus rapidement si on fait du dénivelé) et a tendance à diminuer après l’effort jusqu’à s’estomper. Quand le syndrome fémoro-patellaire est débutant, les douleurs peuvent se manifester uniquement à la course et pas dans la vie quotidienne. Quand il est plus ancien, on peut voir, à l’examen clinique, un gonflement et une douleur et raideur articulaire dans la vie quotidienne.

La radiographie du genou peut mettre en évidence ce syndrome (cliché en « Schuss »).

Certains médecins peuvent vous donner des anti-inflamatoires, mais cela ne règle pas la cause.

Peut-être même avez-vous eu de la rééducation avec un kinésithérapeute. Souvent, les séances de kiné vont viser à renforcer vos muscles (le quadriceps et les ischio-jambiers) et faire des étirements. Cela peut aider mais si le problème vient de la foulée, le soulagement ne sera que temporaire.

Attention les douleurs de genoux ne se limitent pas au syndrome rotulien. D’autres pathologies ou problématiques peuvent provoquer des douleurs de genoux :

  •  une entorse, souvent liée à un  faux mouvement, un traumatisme. Cela crée, en plus de la douleur au genou, un gonflement important, parfois même un hématome.
  • une fracture, en lien avec un choc, une chute. On constate une impotence fonctionnelle, c’est à dire que vous ne pouvez quasiment plus plier le genou.
  • une lésion d’un ménisque, liée à de l’usure ou un traumatisme. Dans ce cas, souvent on a le genou qui n’arrive plus à se tendre complètement, par contre il fléchit bien.
  • l’arthrose ou l’usure du cartilage. La douleur est mécanique et peut ressembler à celle du syndrome rotulien. Des examens tels que des radiographies peuvent aider au diagnostic dans ce cas.
  • des problèmes musculaires, au niveau du tendon du quadriceps, sous le genou au niveau de la tubérosité tibiale antérieure.

 

La cadence de course à pied 

La cadence, c’est le nombre de pas que vous faites par minute. Elle est de l’ordre de 150 à 190 en moyenne lors de la course à pied. Elle est indépendante de la vitesse. Même en courant plus vite, votre cadence n’augmente que très peu ; c’est la force de propulsion qui est modifiée.
Le plus simple pour mesurer la cadence est de regarder sur sa montre connectée. Si vous n’en avez pas, téléchargez une application de métronome sur votre téléphone (appli pour musicien) et réglez-la jusqu’à vous caler sur votre cadence. Metronome Beats sur Android ou Metronome+ sur Iphone.

 

Que dit l’étude de Tom Goom ?

une augmentation de cadence de course à pied de 10% réduit les contraintes fémoro-patellaires

L’étude a pour but de savoir si, en augmentant la cadence de course, les coureurs présentant un syndrome fémoro-patellaire avait moins mal.
Une étude précédente avait déjà démontré qu’une augmentation de cadence de course à pied de 10% réduisait les contraintes fémoro-patellaires. Cette étude a exploré les contraintes sur l’articulation mais pas le lien avec les douleurs, ce qui était déjà très intéressant.

Tom Goom, lui, a utilisé un échantillon de 12 sportifs pratiquant le course à pied, présentant des douleurs de genou liées à un syndrome fémoro-patellaire, d’intensité moyenne de 6,2 sur 10 (0 étant une absence douleur, 10 étant une douleur insupportable).

Les douleurs diminuent significativement au bout de 4 semaines

En augmentant la cadence, la douleur moyenne de ces coureurs est passée à 1 sur 10 au bout de 4 semaines puis à 0,3 sur 10 au bout de 3 mois. Les résultats sont donc impressionnants.

On pourrait donc dire que pour diminuer les douleurs de syndrome fémoro-patellaire, il suffit d’augmenter la cadence. De plus, cela semble logique d’un point de vue biomécanique.
Mais ce n’est pas si simple. Tout d’abord, l’échantillon est faible (12 coureurs). Il n’est pas suffisant pour représenter un niveau de preuve élevé, généralisable à l’ensemble de la population. Ensuite, il n’y a pas de « groupe contrôle », élément essentiel à toute étude scientifique pour comparer l’évolution d’un groupe par rapport à un autre, à qui on aurait prodigué un traitement dit « placebo ».

 

Conclusion, si je fais de la course à pied et j’ai mal, je fais quoi alors ? 

Rien ne vous empêche d’essayer d’augmenter votre cadence si elle est faible (inférieure à 170), puis observez l’évolution de vos douleurs.
On sait que l’augmentation de la cadence est en lien avec une foulée globalement moins contraignante.
On remarque aussi que les coureurs « élites », les athlètes, ont une cadence élevée (supérieure à 180), alors qu’elle est faible chez les débutants. Alors que ce problème est rare chez les « élites ». On peut donc penser que cela est peut-être en lien.

Cependant, par expérience d’ostéopathe du sport à Charenton Le Pont, une modification isolée de la cadence ne suffit souvent pas. Il faut revoir le « geste », c’est à dire la foulée, dans son ensemble. Au cabinet, nous avons régulièrement besoin d’examiner la foulée de nos patients pour vérifier si elle est possiblement à l’origine des douleurs pour, dans ce cas, la « retravailler ». Ce travail est souvent associé à de l’ostéopathie plus classique.

Stéphane Manson, ostéopathe du sport dans le Val-de-Marne (94)

Ostéopathe DO à Charenton Le Pont (94), Masseur Kinésithérapeute DE, éducateur sportif, certifié par l’institut de formation pour professionnels de santé « La Clinique du Coureur ».

« J’adore lire la littérature médicale, les études, les articles sur la médecine en général et sur l’ostéopathie. »

« Je publie chaque semaine des nouveaux articles sur le thème de la santé. Suivez-moi sur Facebook pour vous tenir informé(e) 😉 »

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