Peut-on faire confiance à tous les ostéopathes ?

 Bien choisir son ostéopathe

Ostéopathes DO, ostéopathes agréés, ostéopathe kinésithérapeute, ostéopathes inscrits à un registre... Mais qu'est-ce que tout cela veut dire ? Comment savoir si je peux faire confiance en mon ostéopathe, s'il a eu une formation sérieuse ? Est-ce que je prends un risque pour ma santé en allant le voir ? 

Nombreux sont les patients qui se posent ces questions. Le flou qui règne sur la profession d'ostéopathe y est pour beaucoup.

Nous allons essayer d'y voir un peu plus clair.

L'ostéopathie reconnue par le Ministère de la Santé depuis 2002

L'ostéopathie ne possède un cadre juridique que depuis 2002 où elle est reconnue par la loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé par l’article 75 définissant les conditions de l’usage professionnel du titre d’ostéopathe. Avant l'existence de cette loi, le diplôme d'ostéopathe n'avait aucune valeur juridique et on pouvait voir des ostéopathes exercer sans diplôme. Cela est révolu ; pour pouvoir exercer, l'ostéopathe doit posséder un diplôme délivré par un établissement de formation agréé par le Ministère de la Santé.

2 voies pour intégrer une école de formation à l'ostéopathie

Il existe 2 voies pour obtenir son diplôme d'ostéopathie :

- une formation initiale, réservée aux bacheliers. Ils intégrent une école d'ostéopathie, sans concours, sans numerus clausus. Ils doivent effectuer 4860 heures de formation. Concrètement, les études s'étalent la plupart du temps sur 5 ans.

- une formation en alternance, réservée aux professionnels de santé (kiné, médecins...). La formation se fait souvent à temps partiel, en même temps que leur activité professionnelle. La durée de formation est variable mais les étudiants doivent effectuer au total 1852 heures. En effet, leur formation initiale les dispense d'une grande partie de la formation théorique.

Le diplôme d'ostéopathe a-t-il une valeur ?

Il a une valeur juridique car il n'est délivré que par des établissements agréés par le Ministère de la Santé. Mais il ne garantit pas suffisament le professionalisme de l'étudiant qui le possède. C'est ce que reprochent beaucoup de syndicats d'ostéopathes. Il est fort probable que les prochaines lois se concentrent sur cet aspect de la formation.

En effet, la plupart du temps, l'école qui forme ses étudiants valident aussi les examens. Il n'y a pas de jury extérieur qui garantirait la qualité de l'enseignement reçu.

Ainsi, pour résumer, rien ne garantit si l'étudiant est apte à être ostéopathe (pas de concours d'entrée dans les écoles) et personne, en dehors de l'école elle-même, la plupart du temps, ne vérifie si l'étudiant à bien acquis toutes les connaissances requises, s'il ne sera pas dangereux pour ses patients.

Or, un ostéopathe reçoit des patients en première intention, sans que celui-ci ait vu un médecin auparavant, il doit donc être capable de faire un diagnostic exclusif. Il doit être capable de déterminer si le problème que présente le patient entre dans son domaine de compétence ou s'il doit l'orienter vers un médecin, dentiste ... Il est donc primordial de s'assurer de la compétence de chaque ostéopathe diplômé

Comment choisir son ostéopathe

En l'absence de lois plus contraignantes pour l'entrée dans les écoles d'ostéopathie et pour l'obtention du diplôme, il y a, d'après moi, 2 façons de choisir un ostéopathe :

- en fonction du "bouche-à-oreille". Renseignez-vous auprès de professionnels de santé (médecins, pharmaciens, kinés, sage-femmes...), ils sauront vous indiquer un ostéopathe sérieux et professionnel.

- en fonction de ses autres diplômes. A la différence du diplôme d'ostéopathe, les diplômes de kinésithérapeute, médecins, sage-femmes... sont accessibles après sélection et validés de manière anonyme. Cela garantit le sérieux de l'étudiant diplômé. 

Mon ostéopathe est inscrit à un registre, est-ce un gage de confiance ?

Les registres ne garantissent en aucun cas le professionnalisme de l'ostéopathe. Il en existe plusieurs : Registre des ostéopathes de France (ROF), le syndicat Français des ostéopathes (SFDO), ... 

N'importe quel ostéopathe sortant d'une école agréée par le Ministère de la Santé peut s'y inscrire. 

 

En conclusion 

Il est temps que le Ministère de la Santé prenne le problème à bras-le-corps et instaure un numerus clausus pour les écoles d'ostéopathie comme cela est le cas pour la quasi-totalité des professions de santé. Il est temps également que le diplôme soit national et non propre à chaque école. Cela garantira au patient que son ostéopathe est un professionnel de santé apte et sérieux.